24.01.2012

Dernier Carré

 

Dimanche 22 janvier François Hollande a réussi son entrée en lice. Le pays plonge enfin pour les trois mois à venir dans une vraie campagne politique présidentielle, dans un cadre novateur et surprenant.

A ce jour, les candidatures de « témoignage » sans perspective politique réelle, comme celles de Mélenchon ou d’Eva Joli -à fortiori celles qui sont resté collées au goudron- ne semblent pas avoir la moindre chance de changer de catégorie. Nous avons donc quatre candidats qui peuvent être classés en deux groupes :

-Les candidats dits « normaux » en fait François Hollande et…François Bayrou. Classiquement un candidat de gauche et un candidat de « droite-quoi-que-l’on-dise »

-Les candidats « épouvantails » Nicolas Sarkozy et, bien sûr, Marine Le Pen, deux candidatures différentes malgré les passerelles idéologiques établies entre un bon nombre de leurs soutiens et suiveurs.

Si les ténors politiques qui alimentent les médias et les médias eux-mêmes cessent de naviguer à la hauteur du caniveau et parlent des choses sérieuses ; Si par une sorte de résurrection démocratique les dits ténors et les médias cessent de prendre les citoyens pour des débiles mentaux, incapables de comprendre les enjeux du moment ; Si plutôt que de chercher à les attirer comme font à Pigalle les rabatteurs des spectacles « crus » ils passent de la « manipulocratie » à la démocratie et la parole sincère, on peut avoir une magnifique campagne politique, posant clairement les défis, énormes, qui nous attendent et les options des uns et des autres pour y répondre.

Personnellement, je laisse de côté Marine Le Pen. Elle a eu le courage il y a quelques jours, de « dévoiler » tout ou partie de son programme. On n’a pas découvert grand-chose de nouveau, même si la forme est en apparence plus policée que celle de son papa. Mais ce programme est délirant. Economiquement, des affirmations sans fondement prétendent changer le signe du coût des principales actions envisagées -sortir de l’euro, « sortir » les étrangers- qui par un miracle feraient entrer dans les caisses de l’Etat des sommes extraordinaires qui prendraient dans la réalité plutôt le sens contraire, plongeant le pays dans un fossé économique à côté duquel celui où est tombé la Grèce ne serait qu’un doux purgatoire. Si la méthode Coué était efficace on serait sortis de la crise depuis trois ans déjà !

Et que dire du côté « humaniste » Du dogmatisme d’extrême droite en fin de compte très classique : faute d’avoir des propositions applicables et dignes d’apporter ne serait-ce qu’un début de solution aux problèmes du pays, on part tête baissée dans l’absurde « c’est la faute aux étrangers » en tête desquels, bien entendu, ceux d’Afrique, dans toute la largeur de cet immense réservoir d’ennemis de notre pauvre Patrie !

C’est donc une parfaite composante de la catégorie « épouvantail » mais si peu crédible dans ses propos qu’elle donne la même impression que les épouvantails avec le vieux chapeau du fermier que l’on pose dans les champs pour que les oiseaux puissent se reposer…

Sarkozy : malheureusement pour lui, il n’a à proposer que son bilan.

Etonnant comment la droite française, conservatrice à l’extrême, s’est laissé captiver depuis 10 ans par ce battant, d’une mobilité sur le terrain hors pair, bienvenu s’il s’agissait de campagnes militaires, surtout à l’ancienne, et qui est, de tous les leaders suivis par cette fraction de la Nation depuis la dernière guerre, le moins enraciné dans la culture, la tradition, la lignée historique française.

Il a encore pour lui son « camp » bien qu’il rétrécisse chaque jour un peu plus ; Il semble de plus en plus condamné à n’être que le héraut de l’oligarchie économique nationale du moment, amitié, par construction, toujours fragile, oligarchie qu’il croit pouvoir arrimer au petit bateau côtier de l’extrême droite.

Peu ancré, donc dans la culture et la tradition nationale, cet homme qui n’a cessé de regarder ailleurs pour s’inspirer -du Bush de ses premières vacances « présidentielles » en août 2007 à Wolfeboro à la Merkel de Berlin qui tient dans ses mains le sésame économique de l’UE dans sa forme actuelle, en passant par le « retour » à l’OTAN- il est, sous la tunique de réformateur qu’il affectionne, celui qui a le plus durement mis à mal le système social français tout en voulant garder un appui populaire sans lequel il n’y a pas de durée politique garantie. Or, ce système social, depuis un moment mal en point et fortement affecté par la crise économique ne peut être réformé avec comme seul socle de réflexion le constat comptable de son état, aussi grave soit-il.

Homme pressé, n’accordant ni valeur ni crédit à la réflexion partagée, forcément lente, il utilise la hache là où même le meilleur bistouri serait d’un usage délicat, surtout avec un malade couché de force sur la table d’opération, sans préparation d’aucune sorte, sans médication d’accompagnement et bien entendu, sans écouter ni même demander son avis.

Il est donc enfermé dans un discours qui affirme vouloir continuer dans la même ligne suivie depuis 2007 car il n’en a pas d’autre à sa disposition et il est de toutes façons trop tard pour en envisager une autre et un bilan plus que médiocre, que l’excuse de la crise, bien réelle, ne permet tout de même pas d’édulcorer beaucoup.

Les deux candidats « normaux » -que François Hollande me pardonne l’extension du qualificatif qu’il s’est finement appliqué à lui-même, à l’autre François- le sont en ce sens qu’ils s’inscrivent au plus profond dans le cadre culturel et historique du pays. Non qu’ils manquent de « modernité » comme le voudraient les flèches décochées par le camp adverse, mais parce que leur modernité n’est pas construite à partir de données prises ailleurs, mais en revisitant et tentant d’ajuster aux réalités du moment, l’expérience et donc l’histoire de cette « petite » Nation ; la seule base solide pour repartir d’un bon pied lorsqu’il s’agit de la France.

François Bayrou (ministre de l’Education Nationale d’E. Balladur puis en 1995 d’Alain Juppé, avec un portefeuille changeant jusqu’à la dissolution Chirac de 1997), depuis qu’il dit s’être désarrimé du bateau de la droite, tente d’accréditer la possibilité d’une position « centriste » qui n’a pas un véritable programme propre, si ce n’est de ne pas être « les autres » Il est courageux, car, partant de la droite, cela lui a couté la presque totalité de ses soutiens politiques sans pour autant avoir trouvé de nouveaux, tant son « centrisme » est mystérieux à force d’être vide de contenu propre.

Il n’a à proposer que son sérieux, sa force de caractère et…une indestructible confiance en lui-même. Pour autant, les circonstances n’aidant pas et l’absence de programme visible, original et lisible faisant un homme presque seul, sans appuis, il tente de conjurer cette situation en la masquant avec sa litanie « ni de droite ni de gauche » et ses appels à une miraculeuse Union Nationale, sauce qui, faute d’un ennemi armé aux frontières, prends toujours difficilement.

Que fera-t-il dans les trois mois à venir ? Quoi qu’il en dise, son cœur politique est à un centre-droit mâtiné d’attachement sincère au pays profond, incarné dans son Béarn natal, à sa culture, profondément française et peut-être à un reste de tradition sociale catholique qui a eu ses heures fleurissantes dans les années de sa jeuneuse, lorsque un Pape comme Jean XXIII faisait honneur à cette chapelle.

Or, un homme politique n’a d’existence réelle que s’il trouve un « espace politique » dans lequel s’insérer. La coupure de plus en plus nette de Nicolas Sarkozy avec le Pays Français peut lui offrir un terrain de manœuvre pas évident, pas simple, mais qu’il peut tenter d’occuper en restant un homme de droite avec une tradition humaniste réelle…et servant éventuellement de port de refuge à la droite en cas de dégringolade profonde de la candidature Sarkozy.

Et il aurait un peu plus de densité qu’il n’en a actuellement.

Le jouera-t-il ouvertement ? Impossible de le savoir actuellement, mais il ne serait pas prudent d’écarter totalement cette hypothèse, qui en ferait le véritable opposant de droite à François Hollande.

Alors François Hollande reste le seul candidat de gauche avec de réelles probabilités d’être le prochain Président de la République.

Son entrée en lice réussie aura au moins servi pour casser l’absurde campagne de déconsidération de sa personne que d’aucuns se sont abaissé à mener. C’est une bonne chose pour lui et c’est une bonne chose pour le pays, qui peut encore éviter de livrer une campagne où les insultes et les facilités bas de gamme à l’américaine remplacent les arguments politiques.

Maintenant, tout le travail reste à faire. Les lignes de programme esquissées au Bourget ne sont pas négligeables pour situer, façon GPS, le positionnement du candidat. De ce point de vue elles devraient être plus utiles à une gauche quelque peu forcenée qui prend ses désirs pour la réalité politique du pays.

Mais ce n’est pas encore un programme de gouvernement, programme qui ne sera dévoilé qu’à partir de jeudi prochain puis détaillé par la suite.

Dès à présent et sans enlever la moindre force au combat politique, il faut affirmer un certain nombre de points :

-Le prochain Président de la République sera sérieusement entravé par l’état économique du pays. Et ses premiers pas seront, à ne pas en douter, destinés à connaître et, espérons-le, rendre publique, la réalité de cette situation.

-S’il est impératif qu’un Président ait un programme pour sa mandature, rien ne pourra être fait sans une hiérarchisation des priorités qui tienne compte des possibilités réelles.

-Il est à espérer que ceux qui ont critiqué une supposée incontinence économique de F. Hollande, aient le bon sens, s’il est élu, de ne pas lui critiquer de tenir compte de la réalité de la situation qu’il hérite pour hiérarchiser ses choix et les étaler dans le temps de sa mandature

-De même, il est à espérer de tous ceux qui aujourd’hui et pendant cette campagne le soutiendront, auront à cœur d’être conscients que remettre le pays dans le sens de son histoire telle que la gauche la comprends, rendre une solvabilité au « modèle social » qui autrement continuerait à se déliter, demande du temps et des sacrifices.

-Enfin, la crise ne passera pas comme une brise de mer, rafraichissant le paysage sans rien changer au décor. Nicolas Sarkozy a beaucoup cassé et peu construit et la crise n’a fait qu’agrandir son œuvre de démolition, en particulier par son entêtement à ne pas changer sa ligne économique et politique malgré la réalité devenue tout autre que celle qui régnait lors de sa campagne de 2007. Il y a un pays à reconstruire pour lui-même et ceux qui l’habitent ; il y a un positionnement de la France dans le Monde à redéfinir sans flagellation ni rêves de grandeur incongrus et sur la base, cela parait idiot de le rappeler, tellement cela devrait être évident, du monde « tel qu’il est » et non pas tel qu’il était hier ou avant-hier…ou dans les délires nocturnes de tel ou tel ; il y a un projet Européen à défendre et revigorer tout en travaillant pour corriger les nombreuses erreurs de construction et d’orientation de l’Union Européenne qui expliquent ses difficultés actuelles et l’inexistence, après un demi-siècle de vie commune d’un « peuple européen »

Du gâteau !

Mais il n’y a que ça à manger.

Jorcas

 

19.01.2012

Anatidés et Rhinocéros

Premier round, hier d’une affaire où, un de plus, quelqu’un s’évertue à chercher quatre pattes à un Canard.

Demandant le palmipède avec, à la clé, sollicitation d’une compensation de 9 millions d’euros, une paille !, la charge ressemble plus à une tentative de plumer le Canard qu’à un cri de douleur de l’Honorable bafoué !

Ainsi, beaucoup d’observateurs semblent s’être intéressé au rendez-vous judiciaire d’hier, où le décor de la scène était le plus ou moins mal-nommé « Pentagone à la française » (« Balardgate » pour d’autres) qui semble tenir tellement au cœur du Président et au cahier de commandes de la société Bouygues.

Sur la foi des comptes rendus de journalistes présents, le plaignant, n’aurait pas su avancer des charmes et des raisons tellement convaincantes. Il a apparemment oublié qu’il avait affaire au journal le plus sérieux du pays, sous son déguisement rigolo.

S’il n’y a pas d’accident de parcours qui vienne, par un malencontreux hasard, bousculer le calendrier prévu, la suite, sous la forme du jugement, serait annoncée pour le 14 mars prochain. A un mois et des poussières du premier tour de l’élection présidentielle.

D’aucuns doivent se dire que, comme cadeau, ça se pose là. Et se répéter le vieux dicton de celui qui n’avait pas besoin d’ennemis, ses amis faisant le job…

Jorcas

 

16.01.2012

Quotient familial

Le candidat socialiste (et son/ses porte-paroles) ont annoncé, non sans un certain cafouillage, du moins dans la forme, une mesure économique tout à fait concrète, comme on le leur réclame si fortement : la révision ou la suppression et remplacement par une autre approche fiscale, du quotient familial.

En dehors des formes plus ou moins heureuses de l’annoncer, il s’agit d’une proposition on ne peut plus claire de restructuration fiscale dans un esprit redistributif, assez juste et relativement facile à mettre en place rapidement après les élections Présidentielles.

La majorité crie au loup sur ce sujet et met en première ligne les « classes moyennes » en forme de « bouclier humain » Mais, de quoi s’agit-il ?

Le quotient familial est une mesure qui coute à l’Etat quelque 10 milliards d’euros et dont les 2/3 environ (7,5 milliards d’euros) vont aux 11% plus fortunés. (Source : Alternatives Economiques)

La mesure envisagée, analyse Dénis Clerc, d’Alternatives économiques est : « Une mesure qui réduit les inégalités de revenus, fait payer un peu plus les riches, soutient la croissance et le rééquilibrage des comptes publics. Une politique nécessaire sur le plan social, fiscal et budgétaire que le gouvernement refuse par pure idéologie, empêtré dans la défense d’intérêts de classe »

Puis, s’appuyant sur les calculs de la direction générale du Trésor :

« Si le quotient familial était supprimé et remplacé par un crédit d’impôt de 607 € par enfant, … 4,3 millions de ménages seraient perdants et 4,8 millions seraient gagnants….Globalement, les familles avec enfants ne perdraient rien au change, mais, en revanche, les familles modestes (peu ou pas imposées actuellement) verraient leur niveau de vie augmenter, les familles aisées le verraient diminuer ».  « L’effet sur la répartition des revenus serait donc sensible »

Tout est dit !

Pour aller plus loin :

    -Lien vers Alternatives Economiques, l’article de Dénis Leclerc sur le sujet : ici

    -Lien vers Alternatives économiques, l’article de Christian Chavagneux sur le sujet : ici

Jorcas

 

14.01.2012

A.A… AÏE !

Terrible ? Grave ? Important à ne pas en douter, mais l’énorme buzz produit par la décision de S&P est avant tout dû à la dramatisation du problème, née des paroles fréquentes du Président de la République sur le sujet, qui volontairement, manœuvre politique qui se retourne aujourd’hui contre lui, a fait focaliser l’attention de tout le monde, et en particulier des médias, sur la note AAA.

Avantage, toutefois, de l’annonce officielle de S&P : tout un chacun, au premier rang desquels les politiques, est obligé d’intégrer ce que les marchés financiers ont pris en compte depuis déjà quelques mois :nos problèmes de financement de l’économie et en particulier de refinancement de notre forte dette vont continuer à s’aggraver dans les mois (les années ?) à venir et aucun programme politique généreux ou déjà « raccourci » n’en sortira indemne.

Ce n’est pas la mort, mais une sérieuse cure d’amaigrissement permettant de revenir à une gestion saine de l’économie et, tout aussi important, de disposer d’une marge de manœuvre indépendante pour conduire le pays vers des horizons plus riants.

Cela passera sans doute, avant tout, pas une révision sans complaisance de tant de cadeaux fiscaux qui ont fortement affaibli pendant cette mandature les finances du pays. Les exemples les plus criants : l’absurde baisse de la TVA de la restauration, la défiscalisation des heures supplémentaires (quelque 4 milliards d’euros), non seulement couteuse, mais aussi destructrice d’emploi, et bon nombre d’autres, comme la mal connue « niche Copé » qui a ampute les rentrées fiscales de quelques 22 milliards d’euros entre 2007 et 2009, derniers chiffres connus.

Ces « trous » dans les rentrées fiscales auraient pu être corrigés depuis fort longtemps déjà, eu égard aux intérêts du pays, car la situation que nous vivons aujourd’hui se profilait depuis longtemps.

C’est l’aveuglement devant le développement de la crise, joint au dogmatisme de la période, qui ont conduit le Président à ne pas réviser sa politique fiscale dangereuse pour le pays malgré les nombreuses alertes. Pourtant, élu de mai 2007, il ne pouvait pas ou n’aurait pas dû, ne pas prêter plus d’attention à la crise qui se développait : la menace des « subprimes » aux Etats Unis a commencé à prendre corps en février 2007, avant même son élection ; la première grosse faillite de deux fonds spéculatifs liés à la banque Bear Stearns date de juin 2007 ; les difficultés de la banque anglaise Northern Rock liées aux subprimes datent de septembre 2007, faisant ouvertement état de la « contamination » de la banque mondiale par les crédits pourris américains. Northern Rock sera nationalisée par le gouvernement anglais en février 2008 pour éviter son effondrement ; en septembre 2008 la faillite de la banque Lehman Brothers donne un pharamineux coup d’accélérateur à la crise, qui affecte le monde entier.

Mais malgré tous ces avertissements, le Président de la République se refuse à modifier sa politique de faveurs fiscales. En compensation il continue à tailler sur les emplois, par exemple dans l’éducation…

Mais corriger la dérive des niches fiscales ne serait qu’un petit pas s’il n’était pas suivi très vite d’une restructuration profonde de notre fiscalité, en premier lieu pour mieux distribuer l’effort en fonction des moyens de chacun.

De même concernant les moyens financiers, dont fiscaux, des communes, régions, départements, assurant une part essentielle de la solidarité nationale et de la préparation de l’avenir, structures fondamentales de la vie citoyenne qui aujourd’hui plient sous les charges transférées par l’Etat sans être accompagnées d’un transfert équivalent de moyens.

L’avenir immédiat et à moyen terme, après ce vendredi 13 ne s’annonce pas simple. Mais chacun est inéluctablement rappelé à sa part de responsabilité : ceux qui ont conduit le pays pendant cette mandature, par leur incapacité à prendre à temps les mesures adéquates pour conforter la sécurité économique du pays (les « leçons de bonne gestion» données maintenant sont un peu tardives pour être crédibles).

Ceux qui veulent assumer la charge par la suite par l’obligation de parler clairement, de ne pas céder à des sirènes, de s’attaquer sans délai à restaurer les brèches à la justice, à l’égalité des citoyens, à l’économie ; de défendre le juste équilibre de l’effort à faire parmi toutes les composantes nationales. De rénover le chemin de la construction européenne vers plus d’intégration, sans doute la seule véritable voie de salut future et vers plus de démocratie réelle dans sa gouvernance, sa gestion et son fonctionnement.

Jorcas   

 

13.01.2012

Hauteur de vue, grandeur d’esprit.

La route vers l’élection présidentielle vient à peine de s’ouvrir. Quelles que soient les opinions des uns et des autres -celles exprimées dans ce blog sont clairement posées, mais sans dogmatisme ni mépris pour ceux qui ne les partagent pas- on ne peut que souhaiter que, chemin faisant, les paroles, les actes deviennent plus profonds, plus lucides, plus centrés sur l’intérêt national.

A gauche, il faut souhaiter un peu plus de cohérence dans les déclarations, rapidement un peu plus de clarté et des détails concernant les propositions et surtout, surtout, un rabotage des égos aussi important que celui qu’on propose pour les niches fiscales.

Il y a un candidat. On peut ne pas aimer l’excès de personnalisation du système en vigueur, mais, aujourd’hui, c’est la règle du jeu et il faut la respecter. Les baronnies doivent savoir replier leur petit étendard local au profit du seul drapeau commun.

A droite, il faut souhaiter un peu moins de théâtre et un peu plus de sérieux. C’est sans doute astucieux d’avoir une cellule de « riposte » mais, lorsque ses membres se définissent eux-mêmes comme des « snipers » (d’après le Robert : emprunté à l’anglais, signifiant « tuer en embuscade ») on peut être inquiet de l’esprit qui y règne ; est-ce celui d’une campagne démocratique ?

Même inquiétude lorsque le chef du parti de la majorité se plait à dire que, chez eux c’est « massacre à la tronçonneuse » A nouveau, drôle de conception du respect d’autrui, soit-il l’adversaire.

Enfin, le capitaine du navire pourrait, lui-aussi, être plus rigoureux dans ses propositions et ne pas se laisser aller à des facilités qui peuvent difficilement tromper qui que ce soit ni même amuser la galerie. Par exemple, en disant vouloir faire voter sans délai une loi répondant à l'esprit de la taxe « Tobin »

Passons sur le fait que quelques années en arrière, celui qui n’était encore que ministre du budget ait publiquement traité d’absurdité cette proposition, que des groupes de gauche défendent depuis fort longtemps. Mais du moins que ces affirmations soient vraisemblables et pouvant s’appliquer à la solution des sujets traités. Un texte sur la taxation de certains mouvements financiers dans l'esprit de l'économiste Tobin existe dans la législation française, en vigueur depuis le 13 décembre 2001, votée sous le gouvernement de Lionel Jospin et promulguée par le Président de la République, Jacques Chirac. Mais compléter et amender une loi portant le nom de son prédécesseur, chose bien plus simple que de négocier et voter une loi nouvelle, c’est moins glorieux. Et ça fait moins de bruit, même si comme dirait Shakespeare, que M. le Président de la République connait certainement bien, ce serait « beaucoup de bruit pour rien.

Jorcas

 

11.01.2012

Mise en garde au Peuple Souverain (non, je blague !)

Une élection présidentielle dans l’esprit du citoyen lambda que je suis, se doit, se devrait d’être un moment inexcusable de vérité, de hauteur de propos, de vision d’avenir.

Malheureusement, aux portes d’une campagne qui ne dit pas encore son nom -un des candidats essentiels du tournoi guerroie depuis un bon nombre de semaines déjà sans s’avouer candidat- peu de choses pointent dans cet esprit.

Ainsi un personnage aussi important es-qualité que le président de l’Assemblée Nationale, quatrième personnage de l’Etat, nous prévient, lors de ses vœux à la presse, « qu'une alternance à gauche dans trois mois entraînerait des «conséquences économiques et sociales» qui pourraient être comparables «à une guerre».

Il n’a pas dit, bien sûr que le vote prochain est inutile…mais à défaut de nous atteler tous autant que nous sommes au cheval blanc de son champion, nous ne serions que des fous irresponsables, des « anti-France » précipitant dans notre aveuglement le pays en enfer.

Et on revient à la méthode qui fait florès depuis quelques semaines : à défaut d’être capable de faire autre chose que des annonces tonitruantes qui masquent l’absence de propositions concrètes capables d’œuvrer à la solution des problèmes actuels du pays, dont le gouvernement en place porte une part essentielle de responsabilité, on fait du bruit, on occupe le terrain médiatique en évitant de « débattre » devant le pays, d’argumenter avec clarté et contre-propositions.

Il faut rappeler à M le Président de l’Assemblée Nationale que « débattre » veut dire, d’après le dictionnaire « examiner contradictoirement quelque chose avec un ou plusieurs interlocuteurs » A ne pas confondre ce verbe avec le pronom « se débattre » que le même dictionnaire définit comme « lutter en faisant beaucoup d’efforts pour se défendre, résister, se dégager »

Jorcas

 

05.01.2012

Carabistouilles

Un homme habituellement policé aurait utilisé dans un « off » avec des journalistes des termes peu aimables, bien que d’un usage courant, sur un autre qui a fait de l’agression verbale -casse-toi et autres douceurs- une tactique de communication. Et voilà le marchepied d’une nouvelle, mais forte tentative de faire dériver la campagne politique qui commence vers l’échange d’outrances.

Décidément le citoyen lambda est considéré par certains comme un abruti, plus soucieux de ramasser la crasse du caniveau, réel ou virtuel, que de se préoccuper de son avenir et de la sauce à laquelle des futurs possibles dirigeants peuvent l’accommoder après le 6 mai prochain.

Est-ce là le programme du parti au pouvoir pour la mandature à venir ?

Ces hommes -et quelques femmes- n’ont-ils pas le temps de se consacrer à nous dévoiler leurs projets futurs, concrets, garantis plutôt que de se perdre à tenter de faire monter une mayonnaise faite avec du vent ?

 

La démocratie nationale n’est pas toujours exemplaire et le citoyen soucieux de son pays et de son avenir n’a pas trop souvent l’opportunité de faire valoir son point de vue. Cette fois-ci, avec le printemps qui approche il sera facile de faire savoir poliment, moyennant un simple petit papier mis dans l’urne, ce que l’on pense de telles pratiques, de telles dérives, d’un tel manque de respect pour le simple citoyen.

Et passer aux choses sérieuses sans être lestés de boue dans les bas des habits.

Jorcas

 

27.12.2011

Vœux

C’est le moment des bonnes dispositions, des projets, de promesses à tenir cette fois-ci, vraiment.

On en aura l’opportunité au printemps.

Après cinq années de folie, après une crise économique d’autant plus violente qu’elle est mal contrée, après -ce qui est à venir n’est pas non plus du rêve- une campagne électorale qui ne s’annonce pas pour le moment à la hauteur des enjeux, on ne peut que souhaiter à chacun une année 2012 qui sera heureuse si nous parvenons à sortir du puits où nous nous sommes enfermés nous-mêmes, à redevenir un peuple optimiste et capable de reconstruire son avenir avec la solidarité qui a longtemps fait partie de son imaginaire et que, sous l’égoïsme des uns, sous l’aveuglement d’autres, qui croient que les paroles valent actes, part chaque jour un peu plus en fumée.

 

Amis lecteurs, très bonne année, loin des manipulateurs assoiffés de pouvoir et des prophètes sans avenir. Heureuse et solidaire année 2012.

Jorcas

 

25.10.2011

Retour au bercail

 

 

Le retour après une longue absence met en scène les faits marquants du moment de manière brutale. Deux m’ont particulièrement frappé.
Le premier, le bon déroulement de la Primaire Citoyenne organisée par le Parti Socialiste. Ce n’était pas couru d’avance, ni la bonne « tenue » des concurrents qui, n’en déplaise au journalisme sensationnaliste, ne se sont pas mordu jusqu’à l’os, ni la forte participation « citoyenne »

François Hollande en tire une légitimité de bon secours pour la suite, car, il ne faut pas se tromper, tout reste à faire. À commencer par établir ce qu’il appelle sa « plateforme présidentielle » sans trahir, du moins dans l’essentiel, les lignes programmatiques du parti qui l’a investi tout en intégrant une situation déjà aujourd’hui d’une gravité exceptionnelle et qui, même si on estime que la sortie existe, elle ne se fera pas ni en deux jours ni à bas prix. Et tout ça en restant crédible.

Le deuxième est le positionnement de Mme Duflot, en apparence inflexible, sur les points qui ne souffriraient pas, d’après-elle, de discussion.Pour le petit citoyen lambda que je suis, la définition des priorités ne me semble pas pouvoir se mener avec des diktats de la sorte.

L’aéroport de la région de Nantes est, sans le moindre doute, un sujet important. Est-ce un sujet de premier plan face à une présidentielle qui met en jeu la possibilité réelle, une première depuis longtemps, de voir la gauche redevenir majoritaire et donc pouvoir infléchir la dérive politique sociale, du moins la stopper ? J’en doute.

 

Ensuite, autrement plus lourd, la question de la sortie du nucléaire. J’ai toujours pris position en faveur d’une sortie du nucléaire et pas seulement du « tout nucléaire » Faut-il rester figé dans une position non négociable -en paroles, du moins, mais ce n’est peut-être que de la surenchère à usage interne- ou au contraire accepter que le sujet puisse être traité en deux étapes, la première, mettre en place une politique de limitation, comme l’est la sortie du « tout nucléaire » pour préparer ensuite une deuxième étape d’abandon du nucléaire ? En tout état de cause, on parle en décennies -20 ans ? 30 ans ? 40 ans ?- bien au-delà d’une mandature présidentielle.

 

L’exemple de l’Allemagne sera de suite évoqué. Mais il faut aussi être clair sur le contenu de cette politique des deux côtés du Rhin.

L’Allemagne a une situation économique bien plus satisfaisante que la France et donc l’effort de sortie du nucléaire (arrêt puis démantèlement des centrales et investissements simultanées en d’autres formes de production pour éviter toute pénurie, autant que possible l’œil fixé sur le bilan carbone des nouvelles installations) est moins lourd à envisager. Aussi, le nucléaire ne représente pas le même pourcentage de la production électrique qu’en France, ce qui allège d’autant le coût global.

A cela il faut ajouter que, avec une toute autre intelligence industrielle que la France -merci MM Chirac et Sarkozy, dont les mandatures on coexisté avec celles pendant lesquelles l’Allemagne a préparé l’avenir- elle a pris une forte avance pour tout ce qui concerne les énergies renouvelables du futur, ce qui facilité d’autant la mise en jeu de la décision prise d’arrêt du nucléaire.

 

Que conclure ? Le réalisme des acteurs de la gauche est d’assurer les pas en avant qui semblent possible, sans compromettre la changement politique, si nécessaire sur bien d’autres aspects, notamment les sujets sociaux -santé- futurs -éducation, investissement- et la mise en place d’une politique qui mette fin au creusement des inégalités et grâce à une fiscalité rénovée et plus juste, fasse porter l’effort qu’il faudra consentir pour sortir de l’ornière proportionnellement aux moyens de chacun et non au seul profit d’une oligarchie dominante, de plus en plus proche d’une structure féodale moyenâgeuse.

Qu’en pensent les militants et sympathisants verts ?

 Jorcas

 

26.09.2011

Senat : le message d’une élection

La gauche a gagné hier le Sénat, première fois dans la Vé république. Cela devrait tempérer quelque peu les nouvelles embardées à droite du gouvernement d’ici l’élection présidentielle de mai 2012. Mais il y a mieux.

Sarkozy ne semble plus pouvoir, de lui-même, gagner au printemps prochain, mais la gauche peut encore perdre.

 

Le premier acte, maintenant, dans le chemin d’une nette victoire en mai prochain est le contenu programmatique, la tenue, la rigueur, le respect des uns aux autres que montreront tous les participants à la primaire.

Cette primaire, un pas en avant démocratique qui n’allait pas de soi dans le pays, est pour le moment un succès formel qui semble avoir toutes les chances d’être confirmé par une large participation.

Maintenant il faut aller au-delà du succès formel et lui donner les bases d’un succès de contenu, avant tout, par la qualité et le haut niveau de travail, d’engagement et de méthode des participants. C’est cela et à mon avis, cela prioritairement, qui permettra de regagner la confiance populaire nécessaire à une victoire haut de gamme.

Il faut faire en sorte que, par la pratique de tous, les citoyens, bien sûr et toute une grande cordée des journalistes, tous médias confondus, cessent d’épier, voire provoquer, les éventuels chicayas entre candidats pour concentrer leur attention et leur travail d’analyse sur le contenu programmatique de la gauche et des voies ouvertes sur l’avenir.

Pas seulement pour corriger les dérives du Sarkozysme -dont la droite la plus étique, la plus fidèle à l’histoire du pays comme une communauté humaine et non comme une simple masse dominée par une oligarchie sera aussi bénéficiaire- mais pour reconstruire une société où les valeurs humaines et la solidarité entre ses membres soient prédominantes, fassent honneur à la devise, si maltraité de la République de Liberté, d’Egalité et dans la dureté des temps que nous vivons, plus que jamais de la Fraternité.

Jorcas